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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

duchesse de Berri très-abattue, et rejetant sur les souf-frances prolongées de sa captivité le tort de la déclarationarrachéeàsa faiblesse. L'entrevue fut courte ; M. Bugeaudn'avait assigné à la visite qu'une durée de douze ou quinzeminutes. Avant de prendre congé de la prisonnière, M. deChoulot, qui avait formé le projet de la sauver, lui de-manda un objet qui pût être un signe de reconnaissanceentre les mains de la personnequ’il aurait, peut-être, plustarda lui envoyer. Alors, la duchesse de Berri ouvrant untiroir, lui dit. « Tenez, voici les joyaux de la couronne»,et elle lui montrait, parmi quelques objets de fort peu deprix, une chaînette formant anneau. M. de Choulot pritla chaînette : et à peine était-il sorti, que, cédant*à unsentiment d’orgueil bien naturel chez une mère, la prin-cesse appela le général Bugeaud pour lui montrer les por-traits du jeune Henri et de sa sœur. Après une courte ap-parition dans la chambre de sa prisonnière, le généralrevint auprès de M. de Choulot. et, par un manque de tactinconcevable, il l'interrogea sur la grossesse de la du-chesse de Berri. M. de Choulot répondit, comme on devaits'y attendre, qu'il n'était point venu dans la citadellepour faire des constatations de ce genre, et qu'il n’avaitrien remarqué. A ces mots, la figure du général s’en-flamme. 11 ne cherchait que des témoignages dont les lé-gitimistes n’eussent pas le droit de suspecter la sincérité :il avait compté sur celui de M. de Choulot. Trompé dansson attente, il eut peine à retenir sa colère, et il envoyason aide-de-camp, M. de Saint-Arnaud, chez la princesse,pour la prier de se faire voir à M. de Choulot, debout etmarchant. Quelque offensante que fût cette proposition,la duchesse de Berri n’osa pas la repousser. L’épreuve