CHAPITRE I.
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nel. Puis prévoyant sur quels points pouvaient rouler lesconversations de la princesse et de M. Ménière, il indiqualonguement à celui-ci le langage qu’il aurait à tenir, et secomplut à lui tracer son rôle.
Marie-Caroline n’avait plus d’autre chance de salutqu’une évasion habilement préparée. L’idée en vint àquelques-uns de ses partisans, et M. de Choulot fut dési-gné, à son insu, comme le chef de la conspiration. 11 s’é-tait rendu digne de ce périlleux honneur par sa hardiessedans le dévoûment, par les sacrifices de tout genre qu’ilavait faits à la cause de la légitimité, et notamment parles fréquents voyages qu'il avait entrepris pour cette cause,et où il avait compromis une partie de sa fortune. 11 étaitalors à Paris, et il revenait de Prague , d'où il rapportait,pour la duchesse de Berri, des lettres, des portraits et desparoles de consolation. Désespérant de pénétrer par la rusedans la citadelle de Blaye , il s’adressa d’abord au ministrede la guerre, ne cachant rien de ce qu'il avait fait pour laduchesse de Berri lorsqu’elle était encore libre et armée« Vous vous êtes conduit en vrai chevalier français », dità M. de Choulot le maréchal Soult, mais il ajouta que,pour être admis auprès de la princesse, une autorisationdu roi lui-même ne serait pas suffisante : que c’était là unequestion d'État, et que les ministres avaient à en délibé-rer. Le lendemain, M. de Choulot apprit que sa demandeétait repoussée. 11 ne se rebuta point, écrivit au roi unelettre dans laquelle il redoublait d'instances, et, confiantdans les ressources de son audace, il partit pour Blaye . Ilse présente au général Bugeaud, invoque auprès de lui desmotifs d'humanité, des motifs d'honneur, et parvient en-fin à se faire ouvrir les portes de la prison. Il trouva la