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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Caroline, M. Ménière désapprouvait complétementle projetde procès-verbal. Il en écrivit à M. d’Argout, et donna desa désapprobation des motifs aussi honorables que déci-sifs. Quel pouvait être le but d’un acte de cette nature?De convaincre les incrédules ? Mais les dénégations duparti légitimiste étaient systématiques : comment douterqu’il ne fût résolu à nier même l’évidence ? D’ailleurs, laLâche imposée aux témoins, sans parler de son inconve-nance, n’était-elle pas impossible à remplir? M. Deneux,homme d’honneur, et responsable des suites de l’accou-chement, ne protégerait-il point sa malade contre la dé-sastreuse influence que devait exercer sur elle, au milieudes émotions d’un pareil moment, la vue de huit oudix personnes étrangères, inconnues, chargées d’une mis-sion outrageante et inquisitoriale ?

De sorte que, chez un peuple renommé pour sa généro-sité et sa courtoisie, l’accouchement d’une pauvre femme,vaincue, prisonnière, abandonnée, malade, était devenula grande affaire du moment, le sujet d’une correspon-dance ministérielle très-active, une question d’État, enfin !Que dis-je ? on traita de cet accouchement comme ontraite, entre Puissances belligérantes, d’une province àpartager ou de la paix à conclure !

Après de longues négociations, Marie-Caroline con-sentit 1° à faire prévenir le général Bugeaud, dès qu’elleressentirait les douleurs de l'enfantement ; 2° à répondreaffirmativement à la question suivante : « Etes-vous laduchesse de Berri? » ; 3° si les témoins n’arrivaientqu’après l’accouchement, à les recevoir quand M. Deneuxle jugerait convenable.

Pour prix de ces concessions, Marie-Caroline exigeait