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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

lut une dépêche ministérielle qu’il avait reçue la veille etdont il savait que la lecture serait douce à son cœur. Ellele remercia avec effusion, et, comme il se retirait.- « <;é-« néral, vous avez deux filles ; eh bien, en voici unetroi-« sième. » Déjà elle avait dit à M. Ménière, en parlant dupersonnage mystérieux qui, dans ce moment, régnait sansdoute sur sa pensée : « Il sera heureux : il désirait tant« une fille ! »

Pendant ce temps, les témoins étaient arrivés. Toutétant disposé pour les recevoir, le général Bugeaud en futprévenu. M m ' d’Hautefort se trouvait en ce moment auprèsde la princesse, et à l’altitude de cette dame, à l’impatiencede ses mouvements, à l’altération de son visage, on voyaitassez tout ce qu’avait de douloureux pour elle cette miseen scène d'un drame odieux. Telle était son agitation, que,les témoins tardant à paraître, elle s’avança par la porteet dit d’une voix impérieuse : « Mais, Messieurs, Madame« vous attend. » Les témoins entrèrent, graves et domi-nés par une secrète émotion. M. le président Pastoureaufit à la princesse les questions relatées au procès-verbal *.Elle y répondit sans hésitation ; et l’on se rendit dans lesalon pour dresser l’acte. Cette formalité remplie, M. De-neux fut sommé par le président de dire quelle était lapersonne qu’il venait d’accoucher. 11 y eut un moment desilence. Etait-ce la déclaration d'un mariage légitimequ’on

' Voir aux documents historiques, n° 4, cet étrange procès-verbal ; il futrédigé avec plus d’empressement que de soin, et il contient quelques inexac-titudes. On y donne à entendre, par exemple, que ce fut dans la chambre dela princesse et en sa présence que M. Deneux fit la fameuse déclaration.Or, cette déclaration fut faite, non dans la chambre à coucher, mais dans lesalon ; circonstance dont le parti légitimiste, s’il eut persisté dans sesdénégations, aurait pu aisément exagérer l’importance.