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HISTOIRE DE DIX ANS.
voix, de chuehottements, de murmures, sans qu’on putsavoir ni quel sentiment dominait cette multitude, ni à quis'adressaient certaines rumeurs menaçantes sorties de sonsein.
A dix heures, l’ancre était levée et le Bordelais voguaitvers la mer. Deux barques furent aperçues qui suivaientle bateau à vapeur. Elles étaient montées par des personnesdévouées à Marie-Caroline, comme le montraient bien lesbras levés en signe d’adieu et les mouchoirs blancs agitésen l’air. Au large ! cria d’une voix rude le commandant duBordelais. Mais à l’instant même, de l’une des embarca-tions partit un paquet dont un cri désignait la destination,et qui alla tomber à quelque distance du général Bugeaud.C’était un fichu vert sur lequel était le portrait de Henri V.Le général Bugeaud, qui s’irritait des plus petites choses,laissa éclater une indignation puérile. Mais son autoritén'avaitplus rien dont Marie-Caroline eût sujet de s’alarmer.Aussi sut-elle se dédommager, à l'égard de M. Bugeaud,d'une trop longue dissimulation; et le général ne trouvaplus chez elle et chez les personnes de sa suite, duranttout le voyage, que l’expression d’un ressentiment con-tenu avec effort.
Vers le milieu du jour, la corvette l 'Agate signala lebateau à vapeur le Bordelais, qui, descendant la Gironde ,se dirigeait sur la rade de Richard. Le transbordement sefit sans difficulté. Les personnes qui devaient accompa-gner Marie-Caroline jusqu’à Palerme , étaient le prince etla princesse de Beauffremont, M. deMesnard, M. Deneux,M. Ménière, le général Bugeaud et son aide-de-camp,puis, pour le service de la princesse, M 11 " Lebeschu etM me Hansler Des affaires urgentes avaient rappelé au sein