CHAPITRE I.
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il devait conduire la princesse jusqu’à la rade de Richard,où l’attendait la corvette VAgate. Des ordres sévèresavaient été donnés par le général Bugeaud pour qu’aucunemanifestation populaire ne troublât la solennité de rem-barquement. Quelques personnages de marque s’étaientrendus à bord du bateau à vapeur pour y recevoir Marie-Caroline. C'étaient le prince et la princesse de Beauffre-mont, le marquis et la marquise de Dampierre, le vicomtede Mesnard, le marquis de Barbançois, le comte Louisde Calvimont. A bord se trouvait aussi l'abbé Sabatier,qui venait d'être nommé aumônier de la princesse.
A neuf heures et demie, le général Bugeaud alla préve-nir Marie-Caroline que l’heure du départ était arrivée. Il latrouva posant devant un peintre envoyé de Bordeaux parM. Gintrac, qui avait voulu garder le portrait de la prison-nière de Blaye . Marie-Caroline sortit, conduite par le gé-néral. A côté d’elle marchait la nourrice portant cette pe-tite princesse qu’une prison avait vue naître et qu’attendaitune mort prématurée. Suivaient M. de Mesnard, donnantle bras à M me d’IIautefort ; M. Deneux, M. de Saint-Arnaud,aide-de-camp du général ; M 11 ' Lebeschu et M me Hansler.Au seuil de la porte Dauphine, Marie-Caroline ayantaperçu les deux filles du gouverneur et leur mère, elle sepencha vers les enfants pour les embrasser; puis, se tour-nant vers M me Bugeaud , qu’elle savait douée d’un noblecaractère et d’une âme compatissante : « J'espère, lui dit-« elle, que dans peu vous reverrez votre mari bien por-« tant. » Au-delà de la porte Dauphine, la foule s'entassaitimpatiente. Quand Marie-Caroline parut, un grand silencese fit parmi le peuple; mais à peine s’était-elle éloignéede quelques pas, qu'on entendit comme un bruit confus de
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