Band 
Tome quatrième.
Seite
63
JPEG-Download
 

CHANTRE 1.

03

« leur sera demandé ! Oli ! le bon billet de la Châtre que« nous donne là cette Chambre prostituée !... »

Dans un second article plein d’amertume et d’ironie, laTribune accusait plusieurs députés, et entr’autres, M. Vien-net, d’entretenir avec M. Gérin, caissier des fonds se-crets, des relations dont l'honneur eût été moindre que leprofit.

Le coup porta : la Tribune y comptait. Le lendemainmême du jour où les articles avaient paru, M. Viennetlesdénonçait à la Chambre. L’assemblée prit feu : une com-mission fut nommée, et M. Persil ayant présenté un rap-port qui concluait à ce que les coupables fussent traduitsà labarre de l’assemblée, le 8 avril la discussion commença.Soutenues par MM. Petit, Pataille, de Rémusat, Dumon,Jaubert, Duvergierdellauranne, les conclusionsdu rapportde M. Persil furent vivement combattues par MM. Gaëtande la Rochefoucauld, Laurence, Salverte, Gauthier deRumilly , les généraux Bertrand et La lavette, Touvenel,Garnier-Pagès .

Les premiers affirmaient que la Chambre se devait dene point souffrir qu’on outrageât en elle la majesté de lanation; qu'en frappant de ses propres mains ceux qui sedéclaraient si ouvertement ses ennemis, elle agissaitcomme corps politique, non comme autorité judiciaire ;qu’elle avait sous les yeux l’exemple de l’Angleterre,l’exemple des États-Unis , où le parlement avait usé plusd’une fois du droit de châtier les auteurs d’écrits diffama-toires; qu'au surplus, les lois du 23 mars 1822 et du 8octobre 1830 rendraientl’assembléejugedesinsultesqu’onfaisait monter jusqu’à elle.

Les seconds répondaient par des raisons empreintes de