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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Marrast et Godefroi Cavaignac . La foule des spectateursétait immense. Immobiles sur leurs bancs, les députésgardaient un silence glacial et semblaient composer leursvisages. Les républicains entrèrent, le front haut, le sou-rire du dédain sur les lèvres. Qu’ils courussent au-devantd’une condamnation, ils ne l'ignoraient point -, mais ilstrouvaient à la braver par une profession de foi pleined’éclat, une jouissance légitime et hautaine. Un bureauavait été disposé dans l'intérieur d’une balustrade circu-laire adossée aux bancs de l'extrême gauche : ce fut làque le prévenu et ses défenseurs prirent place.

M. Godefroi Cavaignac commença en ces termes :« Messieurs, nous comparaissons devant vous, mais nous« ne vous reconnaissons pas le droit de nous juger. » 11continua sur ce ton , comme un homme convaincu de laSainteté de sa cause et de la supériorité de ses doctrines.11 ne se défendit point, il attaqua ; pressant et hardi, maisgrave dans ses colères et modeste dans son audace. Il re-connut, d'abord, qu’en politique, être jugé par ses enne-mis était une chance commune à tous les partis en lutte,ce qui rendait les prétentions de la Chambre naturelles, etee qui les aurait rendues légitimes si cette Chambre eûtvéritablement représenté la souveraineté du peuple. Maisune assemblée fille du monopole, pouvait-elle avoir l'om-nipotence d’une assemblée issue du suffrage de tous lescitoyens! Au privilège qui les faisait représentants de200,000 électeurs dans une nation de 33,000,000 d'hom-mes, les députés pouvaient-ils joindre le privilège de l’in-violabilité? Après tout, que reprochait-on à la Tribune ?D’avoir dit que la Chambre laisserait construire des fortsautour de Taris, vendue et prostituée qu'elle était ? Mais