HISTOIRE l>E DIX ANS.
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comme le disaient assez, et la forêt de breteuil. achetéedix millions, bien qu’elle n’en valût pas huit, et un prêtde six millions faitàM. Laffitte par la banque, sous la cnu-tionduroi,quiavait déjàdù s'exécuter dans trois paiement*'successifs pour une portion de la somme garantie, bienn’était plus faux que ces assertions 1 ; et pourtant, un
1 11 est temps que, sur ce débat célèbre, la vérité soit enfin connue. Maisil faut reprendre les choses d’un peu plus haut.
Quelque ébranlement qu’eut imprimé au crédit commercial de M. Laf-fitte cette révolution à laquelle il n’avait su trouver qu’un dénoùmentdynastique, sa maison était trop solidement assise pour ne pas résister auchoc qui alors renversa tant de fortunes. Mais c’était trop peu d’avoir crééune royauté, il importait de la soutenir. Nous avons raconté les agitationsqui remplirent les premiers jours de la révolution. I/émeute allait frapperà toute heure aux portes du Palais-Royal. Sur les places publiques, dansles rues, on n’entendait que le bruit du rappel se mêlant aux clameursd’une foule en délire. L’atmosphère, s’il est permis de s’exprimer ainsi,était chargée de passions ; et les courriers lancés sur toutes les routes del’Europe n’apportaient pas une nouvelle qui ne contint un soulèvement. Lepremier ministère allait tomber d’impuissance et de peur; le sol tremblaitde toutes parts autour du trône nouveau ; la famille royale était éplorée ; leroi croyait entendre déjà sonner l’heure de sa chute, si voisine de son avè-nement : on eut recours à M. Lafiitte.
L’empressement grossier qu’on mit plus tard à envahir le pouvoir, on lemettait alors à s’en éloigner. Mais M. Lafiitte avaitdes raisons particulièrespour fuir le tourbillon des affaires publiques : sa maison avait besoin de sonactivité, de ses soins; ses associés le pressaient de renoncer à des grandeursau fond desquelles devait, selon toute apparence, se trouver sa ruine.M. Lafiitte, à cette époque, était président de la Chambre des députés; et,quoique ministre sans portefeuille, nul parmi les membres du conseil n’é-tait plus occupé que lui. 11 voulait rentrer dans la vie privée. Le roi, auquelil était encore nécessaire, n’épargna rien pour le retenir; et ce fut alorsqu’eut lieu la vente de la forêt deBrcteuil. Le prix en fut fixé à dix millions;mais afin que le roi, dans tous les cas, ne s’engageât point au-delà de ce quiétait raisonnable, on stipula dans l’acte que l’acheteur aurait le droit défaireexpertiser la forêt, droit que le vendeur ne se réservait pas à lui-même.
S’il y eut là un service rendu à M. Lafiitte, ce service fut chèrementpavé. Car il ne servit qu’à engager M. Laffitte plus avant dans les affaires