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Tome quatrième.
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HISTOIRE HE DIX AXS.

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Pour ce qui est de ses amis, leursollicitude éclata d’unemanière touchante. M. Guillemot, rédacteur en chef duCommerce , avait émis l'idée d’une souscription: cetteidée fut acceptée par le public avec une sorte d’enthou-

faites ; mais le roi l’avait mandé au Château : il dut s’y rendre. Il était nuit.M. LalTitte trouva le roi au moment de se coucher, sur deux matelas quesupportait un canapé. Louis-Philippe reçut son ministre avec cette affecta-tion de familiarité qui lui était ordinaire, et il le supplia si affectueusementd’accepter la garantie oll'erte, que M. Laffitte finit par y consentir. Les deuxamis se séparèrent après s’ctre tendrement embrassés. Le lendemain toutétait conclu : la Banque prêtait six millions à M. Laffitte, et le roi s’enga-geait comme caution envers la Banque. Le traité portait que la garantie,s’il devenait nécessaire de l’invoquer, se diviserait en cinq paiements an-nuels, dont les quatre premiers seraient de treize cent mille francs et ledernier de huit cent mille. Du reste, le roi, dans tout ceci, ne sortait pas desbornes prescrites par la prudence ; car M. Laffitte avait remis à la Banqueune masse de bonnes valeurs qui, réalisées, dépassaient de beaucoup lessommes qui constituaient l’emprunt. Quoi qu’il en soit, la première échéanceétant venue, et la Banque s’étant adressée au roi, il paya trois cent millefrancs, mais sur quatre cent mille qu’il devait à M. Laffitte pour la forge deBonneville . La Banque ne put obtenir davantage. Elle insista ; un procèseut lieu, et la liste civile soutint, par l’organe de M. Dupin, que la cautiondu roi étant pure et simple, la Banque devait commencer par discuter ledébiteur principal. Ces conclusions étaient rigoureuses à l’égard de M. Laf-fitte, mais enfin elles étaient légales. La Banque perdit son procès et se vitamenée, par décision judiciaire, à poursuivre M. Laffitte. Elle aurait voulus’épargner un tel éclat ; et, comme les valeurs que M. Laffitte lui avait re-mises formaient à ses yeux une garantie à peu près sûre, elle proposa auroi de le décharger de sa caution de six millions, s’il consentait à la rem-placer par une de deux millions seulement, laquelle ne porterait pas intérêtet ne devait être invoquée qu’au bout de dix ans. Cette offre, qu’il était sipeu dangereux d’accepter, fut néanmoins refusée formellement. La Banquerevint à M. Laffitte : il lui était impossible de payer; il mit son hôtel envente ! Il est vrai que, deux ans après, un arrangement étant survenu entrela Banque, la maison Laffitte et le roi, celui-ci donna, pour se libérer de lagarantie, une somme de douze cent mille francs. Mais M. Laffitte ne pouvaity voir, ni un don royal, ni un dédommagement des énormes sacrifices quelui avaient coûtés quelques mois de ministère.