CHAPITRE II.
siasme, des listes nombreuses remplirent les colonnes desfeuilles publiques; un comité se forma dans le sein de laChambre pour recueillir les souscriptions, et l'on nommaM. Nitot trésorier. Cet élan inquiéta la Cour. Car, auxyeux des uns,M. Laffitte ruiné représentait la révolutionde juillet trahie ; et, chez d’autres, le dévoûment àM. Laffitte n’était que de la haine à l’égard du roi. Dansla plupart des journaux de l'Opposition, le mot ingrati-tude avait été prononcé, sans égard pour la majesté royale.Pour faire tomber cette accusation, les hommes du Châ-teau s'adressèrent à M. LalTitte lui-même. Ils lui firentsavoir qu'ils étaient prêt* à souscrire et à faire souscrirepour lui tous leurs amis, si, dans une lettre publique, ilconsentaità se déclarer entièrement étranger aux attaquesdirigées contre le monarque. C’était lui demander la dé-claration de ce qui était vrai. Il n’hésita point, et fit mêmeplus qu’on n’attendait de sa loyauté. Passant noblementsous silence les grands services qu’il avait rendus au roi,pour ne parler que des services, très-controversables, quele roi lui avait rendus, il adressa aux hommes du Châteauune lettre dans laquelle il se reconnaissait l'obligé deLouis-Philippe . Mais, sur ces entrefaites, un député deMarseille , M. Reynard, lui ayant apporté l’articledu Ga rdNational , mentionné plus haut, il retira aussitôt sa dé-claration, ne voulant pas qu’on ajoutât à ses biens cequ’on espérait enlever à son honneur. Il en résulta quela Cour ne souscrivit point. Lui, cependant, il resta de-bout sur les débris de sa fortune, après avoir appris, parune expérience amère, ce que gagnent à faire des rois leshommes du peuple.
Pendant queces choses se passaient, le parlement appro-