CHAPITRE II.
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Ainsi le principe inhumain de la concurrence portaitses fruits ! Ainsi, sousle gouvernement imbécile du laissez-faire et du laissez-passer , la guerre commençait entre lemaître et l’ouvrier, guerre petite à son origine, maisd'une portée sublime et formidable ; car elle devait avoirpour résultat final de compléter les victoires de l'Évangile,par l'abolition du prolétariat, seconde formede l'esclavage.
Cette portée des coalitions, les ministres avaient la vuetrop courte pour l’apercevoir. Dans les symptômes d’uneprochaine révolte du monde, dans les premiers tressaille-ments d’une race proclamée libre et pourtant asservie,leur ignorance ne vit que quelques tentatives factieuses, etun vaste système d’arrestations s'organisa.
Une association républicaine s’était formée pour la dé-fense de la liberté individuelle et de la liberté de la presse,et cette association comprenait divers comités 1 . Lecomité d'enquête fut chargé de recueillir tous les faitsrelatifs aux arrestations : et ces faits furent exposés, dansun rapport aussi poignant qu’énergique, parM. l'agnerre,l'un des secrétaires du comité d’enquête. Le rapport reçutune publicité considérable, souleva une polémique ar-dente. Mais on dissipa les réunions d'ouvriers par la
force ; on contint les mécontents par la menace. De pau-vres journaliers furent traités en malfaiteurs ; les prisonsse remplirent, et les ministres crurent avoir pourvu suffi-samment au salut de la civilisation menacée.