CHAPITRE 111.
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gard île l’Orient, il est absolument nécessaire de bienposer la question et d'examiner, avant d’entrer dans lerécit de ce (pii a été fait, ce que la France aurait pu faire.
« Maintien de l'intégrité de l'empire ottoman » étaientdes mots en usage depuis long-temps dans la grammairedes chancelleries de l'Europe .
Toutes les Puissances, en ell'el. et notamment la France ,l’Angleterre et l'Autriche , avaient intérêt à protéger l'in-violabilité de Constantinople , à lui conserver, vis-à-visdes Puisses, son surnom de Stamboul la bien gardée.
La possession du détroit des Dardanelles par la ltussie,à moins de compensations énormes stipulées en notre fa-veur, eût à jamais mis obstacle aux vues de la France surla Méditerranée, champ de bataille où doit tôt ou tard sevider la grande querelle de notre suprématie intellectuelleet morale.
La position géographique de l'Autriche lui commandaitde ne point se laisser trop complètement envelopper parla Russie . C'était déjà un grave danger pour le Cabinetautrichien que l'établissement russe fondé aux embou-chures du Danube en vertu du traité d'Andrinople , puis-que cet établissement compromettait, et la navigation in-térieure de l’Autriche, et ses communications avec la Mer-Noire. Les Russes une fois en possession des principautéssituées au sud du territoire autrichien , combien n'eût pasété dangereux pour la Cour de Vienne leur contact avec lescolons militaires de l'illyrie, gardiens de la frontière hon-groise ; Les Russes une fois en possession de Constantinople et des Dardanelles , combien le voisinage de leurs vaisseauxn eùt-il pas été embarrassant pour la marine marchandede l'Autriche, qui exploite le commerce de l’Adriatique ?