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HISTOIRE HE DIX ANS.
Quant à l'Angleterre, nous l avons dit au commence-ment du second volume, elle eût perdu, à l'occupation deConstantinople par les Russes , une partie de son inlluencedans la Méditerranée, ses moyens de communication avecl'Inde par la Turquie , une partie de l'importance de sespossessions du Levant, et un débouché ouvert à l'expor-tation annuelle de trente millions de produits anglais .D’où ces paroles de lord Clialam, déjà citées par nous :« Avec un homme qui ne voit pas les intérêts de l'Angle -« terre dans la conservation de l'empire ottoman , je li ai« pas à discuter. »
L’Europe occidentale avait donc pour mot d'ordre, en1830, le « maintien de l’intégrité de l'empire ottoman . »Mais cette intégrité pouvait-elle être maintenue? Et, s'ilétait bon qu'elle le fût, pourquoi la France et l’Angleterreavaient-elles si long-temps souffert l'ambition militantede la Russie ? Pourquoi avaient-elles poussé l'aveuglementjusqu'à la favoriser? Pourquoi les avait-on vues se réunirà la Russie pour anéantir, dans le guet-apens de Navarin,la marine turque , et accélérer par l’émancipation de laGrèce le démembrement définitif de l'empire ottoman ?Pourquoi enfin avaient-elles si vivement applaudi auxvictoires qui avaient poussé les .Moscovites au pied desRalkans et dicté ce traité d'Andrinople , testament imposéà la race turque ? Chose étrange ! c'était après avoir toléré,secondé la marche triomphante des Russes vers Constan-tinople , que l'Europe occidentale s'apercevait de la né-cessité de conserver entre les mains du sultan la doubleclef de la Méditerranée et de la Mer-Noire ! Ceux-là mêmesqui avaient appuyé l'épée russe sur le flanc de la Turquie demandaient à la Turquie de vivre, pour que l’équilibre