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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

construction, il était parvenu, au moyen de ses trésors,à créer une marine ; l'Égypte . à sa voix, s'était couverted'ateliers et d'établissements dirigés par des Européens et surtout par des Français : en un mot, il avait su mettreau service de sa puissance orientale l'expérience, lascience, l'industrie et les arts de l'Occident . Puis, au-dessous de sa gloire, brillait celle de son fils Ibrahim,guerrier terrible et intelligent, plein de confiance dans lesort des batailles, plein de foi dans le génie paternel, brasde cette Egypte dont Méhémet-Ali était le cœur et la tête.

Il y avait là, certes, de cpioi éblouir, et il était naturelque la France , dont Méliémet-Ali aimait à se dire le pro-tégé et l'élève, ne vit en lui qu'un continuateur del'œuvre commencée sur les bords du Nil par le vainqueurdes Pyramides, que le vicaireoriental de Napoléon ; il étaitnaturel qu'elle cherchât à consolider son influence auFaire et à Alexandrie , pour étendre le long des rives mé-s de la Méditerranée celte souveraineté nouvelledont la prise d'Alger venait de lixer le point de départ etle centre.

Cependant, pour peu que la France eût approfondi lasituation, elle aurait vu que les créations de Méhémet-Ali reposaient sur la plus odieuse, la plus dévorante tyranniequi fut jamais; que, pour recruter une armée, il avait eurecours à la presse des jeunes gens, et n'avait pu traînerles malheureux fellahs sous ses étendards que les mainsliées derrière le dos et la chaîne au cou; qu'il avait dû,pour se former un trésor, non-seulement établir, en ma-tière d'impôts, un abominable système de solidarité, maisencore se substituer, lui tout seul, à la nation égyptienne tout entière, se rendant ainsi l'unique propriétaire, l u-