Band 
Tome quatrième.
Seite
166
JPEG-Download
 

1CG

HISTOIRE DE DIX ANS.

résultat de cette diversion. Le général Solignac avait vugermer autour de lui de sourdes hostilités; il ne possédaitpas, quoique major-général de l’armée, toute la force quilui eût été nécessaire ; dans le dernier conseil de guerre, ilavait eu le chagrin d’entendre son propre aide-de-camp,M. Duverger, combattre son opinion : il se démit du com-mandement et quitta Porto, craignant bien que le père dedona Maria ne perdît la partie, faute d’audace et de nerf.

Mais de nouvelles et heureuses circonstances étaientvenues en aide à la fortune de don Pédro. Le duc dePalmella, qui, comme instrument des Anglais , était auPortugal ce que M. de Tallevrand était à la France etM. Van de àVever à la Belgique , le duc de Palmella s’étaitoccupé de réunir en Angleterre, pour le compte de lacause constitutionnelle, des ressources financières. Lesuccès couronna ses démarches, comme il avait, une foisdéjà, couronné celles que, dans le même but et dans lemême pays, avait faites M. Mendizabal. L’argent obtenuservit à des levées de volontaires, et des marins anglais se montrèrent à Porto, commandés par le capitaine Napier ,véritable homme de mer. A dater de ce moment, tout nefut pour don Pédro que triomphes et prospérités. Lescouleurs de dona Maria ne tardèrent pas à flotter sur leroyaume des Algarves, que le duc de Terceire venait desoumettre en courant. Avec trois frégates, une corvette,un brick, un petit schooner, Napier avait rencontré à lahauteur du cap Saint-Vincent , la flotte miguéliste, com-posée de deux vaisseaux de ligne, de deux frégates, detrois corvettes, de deux bricks et d’un chebec. Malgrél’inégalité des forces, Napier n’hésita pas à présenter lecombat. Il attaque la flotte ennemie avec une impétuosité