CHAPITRE III.
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irrésistible, la disperse, s’en empare. La marine de donMiguel anéantie, une consternation profonde se répanddans son armée. Le duc de Terceire hâte le pas vers lacapitale, emporte la ville de Sétubal, et taille en pièces uncorps de six mille miguélistes, dont le chef, Telles Jordao,reste sur la place. Le duc de Cadaval, gouverneur de lacapitale, s’enfuit plein d’épouvante ; Lisbonne ouvre sesportes, la population se presse au-devant du vainqueur,avec ces cris confus qui saluent toutes les victoires; et, àla tête de quinze cents hommes, le duc de Terceire prendpossession de la ville au nom de dona Maria. C'était le24 juillet 1833. Le lendemain, 26, M. de Bourmont, arrivédepuis quelques jours au camp de don Miguel, livrait à laville de Porto un assaut furieux et inutile. Des flots desang y coulèrent, les tranchées furent comblées de morts.Mais M. de Bourmont dut rentrer dans son camp l'amenavrée : bien que la lutte put se prolonger long-tempsencore, tout semblait présager la chute de don Miguel, etles légitimistes français le voyaient déjà emportant aveclui le dernier lambeau des monarchies.
La nouvelle de ces événements fut doublement agréableà Louis-Philippe : ils servaient ses intérêts dynastiquessans l’avoir compromis aux yeux des Puissances continen-tales. Mais l’Espagne lui préparait de graves inquiétudes.
A voir les brusques péripéties, les revirements soudainsqui rendaient si changeante, dans ce pays, la physionomiede la politique, on se fût volontiers persuadé que le sortde la nation y dépendait du temps que son vieux roi ma-lade mettrait à mourir. Et rien ne paraissait mieux leprouver que la scène extraordinaire dont le palais de laGranja, l’année précédente, avait été le théâtre. Ferdi-