CHAPITRE III.
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nous. Au point de vue national, il importait donc d’em-pêcher, en prenant parti pour don Carlos, qu’une femmen'appelàt un jour sur le trône d’Espagne un princeétranger, et ne nous privât ainsi d’une alliance indispen-sable.
D’un autre côté, l’on avait à répondre : d'abord, quecette éventualité d’un mariage pouvait tourner en notrefaveur aussi et plus aisément qu’en faveur d’une Puissanceétrangère; ensuite, que soutenir en Espagne les droits dela branche masculine, c’était couronner, dans don Carlos,le plus cruel ennemi de la maison d’Orléans et de saroyauté de fraîche date.
La première considération touchait faiblement Louis-Philippe : il avait trop peur du Continent pour nourrirl’espoir de marier un de ses fils à la jeune Isabelle ; maisl’idée que le triomphe de don Carlos était un achemine-ment au retour du duc de Bordeaux , avait suffi pour ledécider, sa politique étant tout entière dans sa passiondynastique. L’opinion du roi fut celle de ses ministres.La reconnaissance de la reine d’Espagne obtint leur adhé-sion unanime, bien qu’un partisan de don Miguel, M. Zéa,eût été conservé au ministère par Christine. Et M. Mignet reçut mission d’aller porter à Madrid cette importantenouvelle.
M. Thiers commençait à exercer dans le Conseil, mêmepour les questions qui ne concernaient pas son départe-ment, l'influence à.laquelle l’appelaient son aptitude uni-verselle, sa nature insinuante, son activité, et l'incontes-table supériorité de son talent. Le roi l’aimait d’ailleurs,parce que, lui trouvant un esprit léger et un caractèrefacile, il se flattait de le dominer. M. Thiers mit donc à