HISTOIRE DE DIX AXS.
174
même, il se fit fort d'en convaincre la Chambre, et l’em-porta enfin.
Les débats duraient depuis plusieurs jours : le Conseils'assembla une dernière fois pour arrêter d’une manièredéfinitive la mesure en discussion. Quel fut l’étonnementdu roi et de M. Thiers , quand tout-à-coup le maréchalSoult s’écria en parlant des nouvelles troupes qu'il s’agis-sait de lever : « Je n’en ai pas besoin ! » Cette sortie, àlaquelle personne ne s’attendait, émut vivement le roi,qui, à ce qu’on raconte, s’emporta jusqu’à dire : « Mon-te sieur le maréchal, vous faites du gâchis. — Le maré-« chai Soult ne fait pas de gâchis », répliqua le ministre,en proie à un sentiment contenu. Et il sortit brusquement.Le changement imprévu qui s’était manifesté dans sonopinion fut attribué par certains de ses collègues à despréventions que lui aurait bassement suggérées un agentsubalterne. Cet agent lui aurait fait croire qu’on n’avaitmis la mesure sur le tapis que pour le compromettredevant les Chambres et le laisser tomber sous le coup d’unvote improbateur. Rien n’était plus invraisemblable. Quoiqu’il en soit, la démission du maréchal Soult paraissantimminente, le roi lui écrivit, pour le calmer,- une lettreconvenable. Lui, recevant le message avec humeur, il secontenta de répondre qu'il verrait ce qu’il avait à faire.11 fallait songer à lui donner un successeur : on jeta lesyeux sur le maréchal Maison. Mais cédant bientôt à desconseils autres que ceux de la colère, le vieux ministrede la guerre remit à temps le pied dans les affaires pu-bliques ; et la bonne harmonie rentra au sein du Conseil.
Telle se présente au jugement de l'histoire la politiqueextérieure suivie en 1833 par le gouvernement français .