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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

des espérances qui ne demandaient qu'à être encouragées,enfin, ils se combinaient avec les efforts du parti démocra-tique dans le Jura, à Lyon et à Grenoble . Sous tous cesrapports, ils valent que nous leur consacrions quelquespages, d’autant qu’ils ont été jusqu'ici imparfaitementconnus et mal appréciés.

De conspirateur, Charles Albert était devenu roi de Sar-daigne . Ses trahisons n’étaient un mystère pour aucun deses anciens complices. Et cependant, quand elle vit un dessiens sur un trône, la vieille charbonnerie ne put se dé-fendre d’un tressaillement d’orgueil et d’espoir. Le mo-narque ne tiendrait-il pas quelques-unes des promessesdu prince? Plusieurs le crurent, et une lettre fut publiéequi lui rappelait son passé. Charles Albert y répondit pardes poursuites, par des menaces de proscription. Les pa-triotes italiens comprirent alors qu’un prince qui les avaiteus pour confidents ne pouvait plus être que leur ennemi.L'association connue sous le nom de la Jeune Italie s’or-ganisa.

A la différence du carbonarisme, qui avait été sceptiqueet libéral, la Jeune Italie fut profondément religieuse etdémocratique. Elle avait pour fondateur et pour chefM. Mazzini, pour but l’indépendance et l’unité de l’Italie ,pour symbole une branche de cyprès, pour devise cesmots : Maintenant et toujours ( ora e semprè ), pourmoyen l’insurrection et la propagande, l’épée du conspi-rateur et la plume du journaliste. Ses principes, la JeuneItalie les répandait par un journal établi à Marseille ; sacampagne révolutionnaire, elle la préparait par des co-mités mystérieux formés dans la Lombardie, dans la Tos-cane, dans les États du pape, et en dernier lieu à Naples .