CHAPITRE IV.
185
affluaient à Genève ; quelques réfugiés, qui ne vivaientque sur l’hospitalité économe des patriotes suisses , mena-çaient de partir; l’ambassade française faisait offrir auxPolonais venus de Besançon des secours et les frais devoyage, s’ils consentaient à rentrer en France : le soupçonveillait au seuil de la conspiration, où avaient pénétré déjàle découragement et la fatigue.... Il fallait agir. Pressépar les éirçjssaires de Mazzini, le général Bamorino déclareenfin que rien n’est organisé à Lyon , qu'il se trouveassailli de difficultés insurmontables, et il rend 10,000 fr.sur les 40,000 qui lui avaient été comptés. On entraitdans le mois de janvier 1831, et le mouvement qui devaitéclater en octobre 1833 n’était, pas encore commencé.
Inquiet et l’àme en proie aux plus douloureuses dé-fiances, Mazzini résolut de bâter le dénoùment. Il fixa lejour de l’action, et en écrivit à Bamorino. Le général étaitattendu le 20 janvier : il n'arriva que le 31 au soir, suivide deux généraux, d'un aide-de-camp et d'un médecin.Entre lui et Mazzini, l’entrevue fut triste et comme trou-blée par de noirs pressentiments. Mazzini proposa d’assi-gner pour base aux opérations la prise de Saint-Julien,où se trouvaient réunis les agents des diverses provincesde la Savoie , et où le signal de l'insurrection devait êtredonné. L’insurrection une fois déclarée. Mazzini pensaitqu'il lui serait facile, à supposer qu'il ne se trompât pointdans ses défiances, de déjouer le mauvais vouloir de Ba-morino. Qu’il eût deviné ou non cette arrière-pensée, legénéral accepta le plan proposé. L’expédition devait secomposer de deux colonnes. On arrêta que les insurgés dela première iraient, de Genève, se réunir à Carouge sur lafrontière; et que, partant de Nyon , où était un dépôt