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HISTOIRE DE DIX ANS.
ceux qui les combattent. Qu’avec de pareilles façons devoir,Buonarotti ne soit pas devenu en France , où il s'étaitfixé, le centre d’un parti bruyant, et n’ait fait que traver-ser, presqu’inaperçu, la scène politique, on le conçoit. Ettoutefois, son action était loin d’être sans puissance.Pauvre et réduit pour vivre à donner quelques leçons demusique, du fond de son obscurité il gouvernait de géné-reux esprits, faisait mouvoir bien des ressorts cachés, en-tretenait avec la démocratie du dehors des relations assi-dues, et, dans la sphère où s’exerçait son ascendant, se-condé par Yoyer-d’Argenson et Charles Teste, tenait lesrênes de la propagande, soit qu’il fallût accélérer le mou-vement ou le ralentir. Il refusa son approbation à la cam-pagne révolutionnairequ’on préparaità Genève,pour deuxmotifs : connaissant l'Italie , et instruitpar ses correspon-dants de sa situation réelle, il ne voyait dans l’expéditionde Savoie qu’une aventure sans issue ;et, d’un autre côté,il se défiait de certains hommes qu’on devait employer ausuccès de cette expédition. La vérité est que, parmi lescomplices de Mazzini, tous n’étaient pas guidés commelui par de saintes croyances et par l’amour de l’humanité.Or, Bùcnaretti pensait que la vérité veut avoir pour dé-fenseurs des soldats dignes d’elle, et que ceux-là seulsméritent de servir le peuple, qui peuvent lui faire hon-neur par leur vertu.
Cependant Ramorino avait quitté Lyon et s’était renduà Paris . Il fit savoir à Mazzini que ses démarches rencon-traient des obstacles imprévus. Il demandait un mois poul-ies préparatifs. Plus tard, il en demanda un second, puisun troisième. L’impatience de Mazzini s’irritait de cesretards. Car le secret allait s’éventant-, les agents de police