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Tome quatrième.
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f HISTOIRE DE DIX ANS.

rite. Le Parlement était une arène, et la discussion desaffaires publiques un échange de menaces.

Dans la séance du 2G janvier, M. Larabit dénonçait ladictature militaire du maréchal Soult, qui, dans une lettreaux officiers d’artillerie de Strasbourg , avait prétendu in-terdire aux officiers toute réclamation, même légale. Desmurmures s’élèvent, et le général Bugeaud s’écrie : « 11« faut obéir d’abord, » et M. Dulong de répliquer vive-ment : « Faut-il obéir jusqu’à se faire geôlier ? » Le géné-ral Bugeaud s’approche alors de M. Dulong, et, séancetenante, obtient uneexplication dont il se montre sat isfait,car elle mettait également à couvert et la dignité de l’of-fenseur et l’honneur de l’offensé. Mais les passions d'unparti sont plus difficiles à apaiser que le ressentiment d’unindividu. Parmi les amis de M. Bugeaud, plusieurs affichè-rent l’inconcevable prétention de ressentir son injure plusprofondément que lui-même. On remarqua surtout, à sonindignation bruyante, à sa pantomime animée, à ses pro-menades inquiètes le long des bancs du centre, le généralRumigny, aide-de-camp du roi.

Au milieu du tumulte, M. Dulong avait prononcé, enl’appliquant au genre d’obéissance muette et servile exigéepar le ministre, le mot ignominie. Le Journal des Débats s’empare de ce mot, et lui assignant dans le compte-rendude la séance une place fatale, il reproduit en ces termesl’apostrophe de M. Dulong: « Faut-il obéir jusqu’à se« faire geôlier, jusqu’à l’ignominie ? » A quelles inten-tions rapporter cette inexactitude cruelle? Pourquoi, seulentre tous les journaux, le Journal des Débats aggravait-ilune apostrophe qui pouvait aboutir à un combat? Ce quiest certain, c’est qu’après avoir jeté les yeux sur ces fu-