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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

courtisans traîneurs de sabre? Voilà ce qu’on commençade toutes parts à se demander, et dans beaucoup d’espritss’éveilla un soupçon étrange, un soupçon terrible.

Quant à M. Dulong, il n’avait plus à suivre que les ins-pirations de son courage. Il s’empresse d’interdire l'in-sertion de la lettre qu'on donnait comme ayant été exigéede lui, et, le premier arrangement étant abondonné, ilchoisit pour nouveaux témoins deux députés, MM. GeorgesLafayette et César Bacot.

Le 28, à trois heures de l'après-midi, ces messieurs setrouvaient au domicile de M. Dulong avec Armand Carrel ,que son noble cœur poussait à intervenir dans la querellepour l'apaiser, lorsque le général Bugeaud se présenta.Un convenable désir de conciliation éclatait sur son visageet dans ses paroles. Armand Carrel eut avec lui un en-tretien dans lequel il puisa l'espoir que tout pouvait seterminer par une note qui, soigneuse de la dignité deM. Dulong, satisferait dans M. Bugeaud l'homme privé,sans impliquer aucun désaveu du blâme encouru par l'em-ployé du gouvernement.

A huit heures du soir, seconde réunion. Les témoinsdu général Bugeaud, MM. de Rumigny et Lamy, y paru-rent cette fois ; et l’on remarqua que les dispositions dugénéral n’étaient plus les mêmes. M. de Rumigny repoussal'intervention d’Armand Carrel , comme représentant de lapresse opposante, et il fut le premier à réclamer la publi-cation de la lettre, bien que les lignes insolentes du Bul-letin ministériel l’eussent rendue manifestement impos-sible. A cette lettre, les témoins de M. Dulong voulaientqu'on substituât une note dont on ne pùt pas dire qu'elleavait été exigée. La proposition fut repoussée obstiné-