CHAPITRE IV.
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ment. Un rendez-vous est pris pour le lendemain. On fixepour théâtre du combat le bois de Boulogne. L’arme con-venue est le pistolet. Dulong était un bon citoyen et lemeilleur des hommes. Le dévoùment de ses amis pour sapersonne était tel que savent l'inspirer les natures choi-sies. On s’émut autour de lui du danger qu’allait lui fairecourir une exclamation dictée par un sentiment généreux.Mais lui, calme et souriant, il encourageait ses amis. Le29, il se mit en route avec ses témoins pour le bois deBoulogne. 11 était gai, ayant pensé à tout ce qui lui étaitcher, et tout préparé en vue de l’heure suprême.
La rencontre eut lieu à dix heures. Les adversairesavaient été placés à quarante pas l’un de l’autre, et de-vaient se rapprocher en s’ajustant. A peine ont-ils faitchacun deux ou trois pas, que le général Bugeaud tire soncoup de pistolet. Atteint, à un pouce au-dessus de l’œilgauche, le malheureux Dulong tombe sans proférer uneparole. Le soir, on dansa au Château. A six heures du ma-tin, le blessé était mort.
A cette nouvelle, la consternation règne dans toute unemoitié de Paris : pour beaucoup, l’issue du duel de laveille a la gravité d'un malheur public. De sombres ru-meurs se mêlent d’abord aux regrets par où se révèle ledeuil des âmes. Bientôt un cri s'élève, cri puissant et ac-cusateur : on a voulu la mort de l’infortuné Dulong, onl a préparée, on a rendu la lutte inévitable, on a fait detout cela une vengeance de Château ! L’indignation s'ac-croît de chaque détail donné par les feuilles de l’Opposi-tion. M. de Rumigny est dénoncé comme l’instrumentd’un complot de camarilla. La majesté royale elle-mêmeest traînée devant le tribunal de l'opinion.
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