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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

dans la substitution d'un consul à un roi, lui, légitimisteconverti de la veille, il annonçait déjà la réforme sociale.Les anciens, nul ne l’ignore, avaient décoré les poètesdu nom de Vates , qui signifie prophète. M. de Lamartine fut donc un poète dans la plus noble acception du mot.Car, un jour, secouant avec courage les préjugés d’unemoitié de sa vie et déserteur du Pouvoir, c’est-à-dire dela force, il devait tenir les hommes attentifs au bruit deson illustre défection, et montrer la route lumineuse quis’ouvrira devant les générations à venir.

En votant la loi contre les associations, M. de Lamar-tine avait cédé à la crainte de voir les sociétés politiqueslivrer bataille au gouvernement et entàsser ruines surruines. Il ne comprit pas que cette bataille si fort redou-tée par lui, la loi qu'il votait en allait donner le signal.Dès ce moment en effet, tous les glaives se trouvèrent enquelque sorte à moitié tirés du fourreau, et d'un bout dela France à l’autre, ce ne furent plus que préparatifs deguerre.

Or, l'imminence d’une crise n’avait jamais trouvé lePouvoir en proie à plus de divisions. La guerre aux porte-feuilles était poursuivie avec ardeur, en attendant qu’uneguerre plus terrible éclatât. Enveloppés d'intrigues, deuxmembres du Cabinet étaient à la veille de succomber, etle duc de Broglie, en butte à une animosité persévéranteet secrète, allait lui-mème sortir du Conseil.

Une demande de vingt-cinq millions adressée au gou-vernement français par le gouvernement des États-Unis fut non pas la cause, mais l’occasion de la retraite du ducde Broglie. La France devait-elle réellement vingt-cinqmillions aux États-Unis ? Quelle était l’origine de la