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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

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A Lyon , depuis long-temps, l’effervescence étai t extrême,et tout concourait à y faire renaître, plus vaste et plusterrible, cette tempête de novembre dontla France sentaitencore le frémissement.

L’insurrection de novembre avait pris le gouvernementau dépourvu. Aussi n'avait-il rien négligé, après sa défaite,pour en effacer la bonté. Le chiffre de la garnison futenflé outre mesure ; des troupes, répandues dans toutesles villes environnantes, se tinrent prêtes à marcher aupremier signal ; la garde nationale fut brutalement désar-ibée ; des fortifications s’élevèrent autour de la cité, et lescanons qui devaient la contenir ou la détruire ne se trou-vèrent séparés de l’IIôtel-de-Yille, situé dans le quartierle plus central et le plus riche, que par une distance de1,500 à 2,000 mètres; l'administration de la guerreacheta par surprise et restaura une grande muraille quidevait servir à isoler la Croix-Rousse, berceau de l'insur-rection de novembre ; le Pouvoir se ménagea des pointsfortifiés jusque dans l'intérieur : en un mot, Lyon devintun champ de bataille préparé pour des combats prévus etinévitables. En même temps, l’autorité militaire semblaitse complaire dans un étalage de forces aussi menaçant quefastueux. Souvent il arriva aux Lyonnais de trouver ens'éveillant les places couvertes de soldats en armes.11 n’y avait dans toutes les âmes que trouble, terreur oucolère.

De son côté, le parti républicain, à Lyon , s’était accru etconstitué. Il y marchait la tête haute et y prenait posses-sion de la popularité avec sa fougue ordinaire. A côté duPrécurseur, feuille républicaine rédigée avec beaucoup detalent par M. Pététin, mais dans des idées de décentralisa-