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HISTOIRE DE DIX A-NS.
percé de coups, son corps tomba au pied de l’autel dusacrifice. Bientôt, des flaques de sang couvrirent les dallesdu temple, et l’on y compta onze cadavres.
Le jour suivant, les derniers débris de l’insurrectiondisparurent des hauteurs, et une proclamation en informales habitants. La ville de Lyon était pacifiée!
Ainsi, le faubourg deVaise venaitd’avoir ses journées deseptembre ! Que dis-je? l’horreur venait presque d’en êtresurpassée ; car enfin lorsqu’au mois de septembre l’ordre futdonné de massacrer les prisonniers, Paris entendait gron-der à ses portes le canon des envahisseurs de la France ,Paris se croyait perdu s’il ne se compromettait sans retour,Paris était fou de désespoir, et des voix puissantes avaientfait retentir à son oreille ces mots qui contiennent toutesles vertus et tous les excès : « La patrie est en danger ! «Mais ici quel pouvait être,—je ne dis pas l’excuse, iln'enest point pour de tels forfaits, — quel pouvait être le pré-texte de tant de lâches assassinats? Est-ce que l'insurrec-tion, dans le faubourg de Vaise, n’était pas domptée ? Est-ce que le danger n’était pas évanoui? Est-ce que lamesure des maux n’avait pas été comblée? Est-ce qu’ilétait possible de faire croire, même aux plus fanatiques,que, pour illustrer le triomphe, pour le féconder, onavait eu besoin de tout ce sang innocent? Ah ! sans doute,ce n’était pas des autorités, soit civile, soit militaire,qu’émanait l’ordre de le répandre. Mais pourquoi le pou-voir, avefti depuis, par la clameur publique, se montra-t-il immobile, muet et comme indifférent ? Pourquoi nemit-il pas au nombre de ses devoirs les plus sacrés celuide commander une enquête? Heureusement, Dieu n’a paspermis que des événements aussi horribles fussent dérobés