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HISTOIRE DE DIX ANS.
« face insensiblement la douleur que causent les perles« personnelles les plus chères, estimpuissantà faire oublier« les pertes de fortune, les dévastations matérielles. »Voilà ce qu’était devenue la classe la plus importante dela société, sur une terre de chevaliers et de poètes !
Du reste, il était constaté, dans la note, que la gardenationale, à Lyon , se trouvant dissoute, la ville avait étéplacée, pour sa défense, sous une juridiction purementmilitaire; que l’isolement des citoyens y avait été com-plet, et la circulation rigoureusement interdite ; qu'il avait
Nous l’avons là, sous nos yeux, cette feuille de congé, toute tachée dusang de la victime !
Voici, pour compléter cette lugubre série de pièces justificatives, lapétition qui fut adressée au roi par le père de l’infortuné Lauvergnat :
a Sire, le règne de la justice est celui des grands rois ! Elu de la nation,« roi des barricades, je demande justice au nom de mon malheureux fils,« je la demande au nom de cent personnes, victimes comme lui de la plusa criminelle atrocité.
a Le samedi, 12 avril, de midi à une heure, mon fils prit quelqu’argent ;a il se disposait à rejoindre sa mère et mon fils aîné, qui étaient partisa pour le village d’Ecally; il est arrêté par des voisins et amis, qui lui« demandent où il va ; il entre pour un instant chez les sieurs Véron et« Nérard, rue Projetée, n° 7, où se trouvait un autre ami, le sieur Prost :a ces messieurs étaient avec leurs épouses. Pendant ce temps, les troupes« entrent à Yaise; elles sont bientôt maîtresses de toutes les issues de la« commune ; alors les soldats du 28' de ligne et du 15 e léger et des sapeursa du génie enfoncent les portes, pénètrent dans les maisons non fermées.
a Mon fils, Véron et Prost, sont percés de plusieurs coups de baïon-• nettes ; ils reçoivent des coups de feu, ils expirent dans les corridors et< au bas de l’escalier. Le sieur Nérard seul est sauvé comme par miracle;a au même instant une infinité d’autres personnes inoflensives périssenta dans le voisinage. Le sieur Coquet, maître serrurier, demeurant routea Tarare , n° 7, est frappé de mort chez lui avec la dame Saunier: c’étaita un vieillard de 62 ans.
a Signé Lauvergnat, fabricant de couvertures. Vaise, faubourg de Lyon ,« le 12 mai 1834. »