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HISTOIRE DE DIX ANS.
tionnelle manquait d’organe dans un pays où il n’est don-né qu’à la presse de déchaîner les révolutions qui réus-sissent !
Autre cause d'impuissance pour le parti républicain :la direction de la Société des Droits de l'Homme avait uncaractère public, et c’était là, nous l’avons dit, un vicecapital, à la veille d'un combat. Il est vrai que, dans laprévision du sort qui menaçait les chefs, on avait eu soind’établir un comité secret ; mais son action eût-elle étémieux déterminée, son importance n’était pas suffisam-ment reconnue. Il arriva donc que, pour frapper l’insur-rection à la tète, le gouvernement n’eut qu’à faire opérerà propos un certain nombre d’arrestations. Or, la téméritéde ses ennemis servant sa politique, il atteignit presquetous ceux qu’il lui importait d’atteindre.
Cependant, l’ordre a été donné à plusieurs sectionnairesde descendre sur la place publique, d’y rester un instantdans une attitude prudente, puis de disparaître. 11 ne s’a-git pas, leur a-t-on dit, de commencer l’attaque ; il s’agitde répandre dans l’air une agitation qui indique quellessont les dispositions du peuple. Cet ordre fut mal comprisou mal exécuté. Le dimanche 13, dans les rues Beaubour,Geoffroy-Langevin, Aubry-le-Boucher, aux Ours, Mau-buée, Transnonain, Grenier-Saint-Lazare, des barricadesfurent construites par une poignée d’hommes exaltés,dont il paraît certain que des agents de police aiguillon-naient perfidement l’ardeur 1 .
Du reste, partout le bruit et l’appareil des armes, lemonotone retentissement du rappel, les promenades cir-conspectes des patrouilles, et les cavaliers courant par la
1 On verra plus bas, dansleprocès d’avril, la preuve de cette assertion.