Band 
Tome quatrième.
Seite
280
JPEG-Download
 

280

HISTOIRE DE DIX ANS.

sures dictatoriales, une immense force s'était évanouie enun elin-d’œil, et il était devenu impossible même de ras-sembler dans un commun effort les membres de cetteSociété des Droits de l'Homme qui avait cru porter et avaiten effet porté une révolution dans ses flancs.

On devine la suite. Le Pouvoir vainquit aisément unearmée absente du champ de bataille. Le 14, dans la mati-née, il eut la gloire de faire balayer en courant l'inutileamas de pierres qui obstruait quelques rues de la capi-tale. Et plût à Dieu que rien n'eût souillé l'ivresse de cefacile triomphe ! Mais non : il était dit que la maison n° 12de la rue Transnonain serait le théâtre de scènes plusabominables encore que celles du faubourg de Yaise ; ilétait dit qu’au 19° siècle, en plein Paris , au centre d’uneville qu’on nomme la capitale du monde civilisé, le réta-blissement de l'ordre irait se perdre dans les horreursd’une guerre de sauvages et fournirait matière à unebesogne d'assassins !

Le lecteur aura-t-il le courage de lire jusqu'au bout desdétails que nous avons à peine ici la force de transcrire,nous à qui le devoir en est si rigoureusement imposé:’Les faits relatifs au massacre qui eut lieu dans la rueTransnonain, le quatorze avril mil huit cent trente-quatre,ces faits ont été recueillis par M. Charles Breffort, frèred’une des victimes ; ils ont été consignés dans un mémoireque M. Ledru-I.ollin a revêtu de l'autorité de son nom.et qui n'est pas assez connu; ils ont provoqué une en-quête; ils ont donné lieu à une instruction judiciaire :voici quelques pages extraites de ce dossier sanglant :

« M me d’Albighy. — A cinq heures la troupe, est arrivée par la