CHAPITRE V.
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« on ne tue pas le monde comme çà ; je vais leur parler. « Déjà« les soldats frappaient dans la porte. Louis la leur ouvre.« Messieurs, s’écrie-t-il, que voulez-vous? Ne nous tuez pas : je« suis avec ma femme, nous venons de nous lever. Faites per-« quisition, vous verrez que je ne suis point un malfaiteur. » Un« soldat l’ajuste. Louis tombe de son haut la face contre terre, il
« pousse un long cri! « Ah!.» Le soldat lui donne deux ou
« trois coups de crosse sur la tête, du pied le retourne sur le dos« pour s’assurer qu’il e'tait bien mort. Je me jette sur le corps
« démon amant. « Louis, Louis! Ah! si tu m’entends!. » Un
« soldat me renverse sur le carreau. Quand je me relevai, les sol-« dats avaient disparu. Je prêtai l’oreille : j’entendis de nouveaux« pas, on revenait dans la chambre. J’eus peur, je me fourrai« sous les matelas. « Est-ce qu’il n’y a plus personne à tuer ici ?« disait une voix. Cherche donc sous les matelas. — Non, re'pon-« dait une autre, je viens d’examiner ; il n’y en avait qu’un, tu le« sais. Va, il est bien mort. »
« M me IIo. — Dès la veille, nous avions été jusqu’à seize per-te sonnes, hommes et femmes, dans le cabinet occupe' par M me Bou-te ton. Nous nous ye'tionsretire's dès que les insurgés menacèrent« d’envahir la maison, car eux seuls nous inquiétaient. Nous« ne pensions guère avoir à redouter quelque chose de la troupe,te Nous étions absolument les uns sur les autres. M. Bouton nouset avait fait tant de fois parlé de ses campagnes, des dangers
et qu’il avait courus, que nous nous croyions plus en sûreté vers
te lui; cela était si naturel!. Nous étions encore treize,
et quand les troupes cherchent à briser la porte. A ce moment
te nous n’avions plus de sang dans les veines. M me Godefroy était« le plus près de la porte. Elle tenait un enfant de quinze moiset sur ses bras; après elle venait M. IIû, mon mari, portant égale-ee ment notre enfant dans les siens. M me Godefroy ne voulaitet pas ouvrir. <t Ouvrez, ouvrez, dit mon mari, que ces messieurset voient ( il présente un enfant en avant ) : nous sommes, vous leet voyez, avec notre famille, mes amis, mes frères ! Nous sommeset ici tous pères et mères pacifiques. J’ai un frère qui est solelat