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HISTOIRE DE DIX ANS.
« aussi sous les drapeaux en Alger . » >l" c Godefroy est poussée« dans le corridor. M. Hû, frappé à mort, tombe avec son lils sur« le côté droit. L’enfant a le bras fracassé d’une balle. Une inspi-« ration de mère, ajouta Sl“ e Ilù, me le fit arracher des bras de« mon mari, et en me jetant en arrière, je tombai évanouie dans« un grillage placé derrière moi. A ce moment, mon mari, déjà à« terre, est frappé dans le dos de vingt-deux coups de fusil et de« baïonnette. — On peut encore voir ses vêtements, ils sont telle-« ment déchirés qu’ils ne présentent plus que des lambeaux raidis« par le sang. M. Tierry est tué ; Loisillon, fds de la portière,« succombe sous les coups. Plusieurs personnes tombent blessées.« Loisillon pousse un cri d’agonie. «Ah! gredin, tu n’es pas« encore fini ! » disent les soldats. Ils se baissent et l’achèvent.« C’est alors qu’ils aperçoivent M. Bouton, accroupi sous une« table. Comme ils n’avaient plus de fusils chargés, ils le lardent« à coups de baïonnette. Le train était tel que je crois encore l’en-« tendre. Ensuite, il est entré d’autres soldats qui ont tiré sur lui.»
Hâtons-nous de dire que parmi les soldats employés àcette œuvre sans nom, il y en eut qui, par les plus noblesinspirations de la générosité aux abois, s'étudièrent à dé-jouer la barbarie de leurs camarades. Quant aux égorgeurs.qu’ils aient agi par ordre, et dans l'intime conviction qued’une croisée de la maison n° 12 on avait tiré sur eux.c’est ce qu’ont prouvé de nombreux témoignages, c’est cequ’il serait affreux d'être obligé de mettre en doute, c’estce que nous voulons croire et croyons profondément ;mais, pour châtier une agression dont on ignore l'auteur,entasser au hasard meurtres sur meurtres, confondre dansune même immolation l'innocent et le coupable, courirsus à des femmes et à des enfants et à des vieillards,supprimer le juge au profit du bourreau, et, là où dansles guerres les plus impies on n’ose faire que des prison-niers, faire des victimes_Ah ! je sens que l’indignation