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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

occasion de Napoléon , de ses projets, de ses batailles, etne lui parlant pas plus de Louis-Philippe que s’il se fûtagi d’un prince entièrement étranger à la vie politique del’Kurope et à la famille des souverains. Le maréchal Mai-son ne voulut pas de ce rôle. Avant d’accepter l’ambassadede Russie , il demanda si son titre serait respecté à l’égalde sa personne, et il ne partit pour Saint-Pétersbourg qu’après avoir obtenu à cet égarddeM. Pozzo-di-Borgo lesassurances les plus formelles. Son passage à Berlin futmarqué par diverses circonstances significatives; il en estune qui mérite d’ètre rapportée. Le maréchal Maison,lorsqu’il était question d'un événement accompli, se van-tait assez volontiers de l’avoir prévu : un jour qu’il avaitcédé à l’empire de cette habitude devant les princes dePrusse: « Eh bien ? Monsieur le maréchal, lui dit en rail-« lant le plus jeune d’entre eux, puisque vous savez si« bien les choses de l’avenir, qu’arrivera-t-il dans cinq« ans d’ici? — Monseigneur, répondit le maréchal en se« redressant et de l’air d’un vieux soldat qui s’adresse à<i un jeune homme, nous verrons dans cinq ans ce que« nous avons déjà vu : beaucoup de manifestations mal-« veillantes, mais pas une action. » Ce trait peint le ma-réchal. A Vienne, il s’étaitmontré ferme, presque hautain,et, par un mélange convenable d’urbanité et de fierté, ilavait déconcerté plus d'une fois la princesse de Metter-nich, qui ne l’aimant pas, s’était plu à lui déclarer uneguerre de paroles. Rude et violent comme un soldat, maisdoué de la finesse du paysan, il ne fut pas plutôt àSaint-Pétersbourg qu’il prit le parti d’v faire sa positionpar des allures tout-à-fait indépendantes et un langageplein de rondeur. Sa première entrevue avec l’empereur se