CHAPITRE Vil.
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« ménager, » disait-il d’un air pensif. Il consentit néan-moins à se prêter, au moins passivement, aux répugnancesde son collègue; et ce fut avec son assentiment queM. Guizot partit pour le château d’Eu, où le roi l’avaitdevancé.
Leroi tenait au maréchal Soûl t, d’abord parce qu’il avaiten lui un ministre aussi docile que laborieux, ensuiteparce qu’il le jugeait seul propre à appuyer fortement letrône sur l’armée. D’ailleurs, il s’agissait d’offenser un•homme qui avait marqué dans la guerre, même à uneépoque où Napoléon rendait tout obscur autour de sagloire ; et Louis-Philippe avait coutume de dire en parlantdu maréchal Soult : « Il me couvre. »
Par tous ces motifs, les démarches de M. Guizot étaienthasardeuses. Le roi veut s’en expliquer avec M. Thiers ;et, sur un courrier qu’on lui dépêche en toute hâte, leministre de l’intérieur se rend auprès de son collègue etauprès du roi. La discussion fut longue; mais M. Thiers s’étant fait fort de décider le maréchal Gérard à entrerdans le Cabinet, si, préalablement, le maréchal Soult enétait exclu, le roi céda. Le président du Conseil fut donccensé avoir donné volontairement sa démission. M. deSémonville fut châtié à son tour, et les ministres vain-queurs trouvèrent plaisant de lui donner pour successeurdans la dignité de grand-référendaire de la Chambre despairs, ce même M Decazes, qu’avait retenu à Paris sonimprudente inimitié.
Les journaux de l'Opposition s’épuisèrent en vainesconjectures sur les causes de la retraite du maréchalSoult, retraite dont on n’avait eu garde de livrer le secretaux commentaires de la malignitédes partis. Interrogée par