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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX AXS.

SIG

Tel était surtout le langage des courtisans, habiles à ser-vir les secrètes pensées du roi. Car le roi désirait avec pas-sion l'affaiblissement du Cabinet. M. Cuizot et M. Thiers ,en s'unissant, faisaient trop complètement contre-poids àla volonté royale. On voulait les diviser, les subjuguerl’un par l'autre ; et le roi comprenait qu'il ne gouverne-rait à l'aise que le jour où, entre les hommes les plus in-fluents et les plus capables, le dissentiment serait devenuassez profond pour lui fournir des ministères de rechange.Il serait peu digne de l'histoire d'entrer dans le détail detoutes les manœuvres ténébreuses employées au succèsdu système delà Cour. Ce que nous venons d’en rapportersuffit pour montrer par quelle pente inévitable le régimereprésentatif arrivait à n’ètre plus qu'une plate comédie.

M. Tbiers, comme on le verra, finit par être dupe de cesmanèges ; mais, dans l'occasion dont il s'agit, on lui doitcette justice qu'il y sut échapper. 11 alla même, dans sarésistance, beaucoup plus loin qu'on ne croyait; et deson union avec M. Guizot résulta la combinaison quevoici :

M. Tbiers, on l'a vu, n’avait repoussé l'amnistie quepour ne pas jouer, à l’égard de l’opinion et du maréchalGérard, le rôle de vaincu. 11 pensa qu'il n'v aurait aucuninconvénient à rappeler le maréchal dans le Conseil en cé-dant sur la question d’amnistie, si, d une part, on couvraitce qu'il y avait de pusillanime dans une telle concessionpar une mesure qui bravât les partis, et si, d’autre part,on modifiait les formes et le mode de l’amnistie accordée,de manière à ce qu’elle ne passât plus pour l’œuvre exclu-sive du maréchal et ne pût devenir pour lui une matièreà triomphes. Pour atteindre ce double but, M. Thiers avait