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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

souffrances cruelles, lorsque des agents chargés de sonarrestation se présentèrent. « Je ne réponds pas de la viede mon malade pendant le transport à la prison, » s’é-cria [le médecin saisi d’effroi. Efforts inutiles ! M. Poujolfut conduit à la prison de Roanne , étendu sur un brancard.

On juge de ce que devait être, au plus fort d’une telteréaction et de ses emportements, le régime des prisons.Un détenu politique, vaincu par l’excès de ses maux, solaissa mourir de faim. Un autre fut tué d’un coup de fusilpar un factionnaire, au moment où il s’approchait desbarreaux de sa fenêtre pour lire une lettre qu’il venait derecevoir de sa famille. Quinze jours d’emprisonnement,c’est à cela que se réduisit la punition du meurtrier? En-core si le glaive qui les menaçait n’était pas resté si long-temps suspendu sur la têtedes prisonniers ! Mais de quelleamertume ne devait pas être gonflé le cœur de ceux qui,certains d’être reconnus innocents quand le jour de lajustice se lèverait pour eux, étaient réduits, en attendant,à souffrir toutes les tortures de la plus longue détentionpréventive qui fût jamais ! Et combien aisémentl’amertumedevait se changer en désespoir chez ceux qui, uniquessoutiens de leur famille, pensaient, du fonds de leurs ca-chots, à un vieux père malade, à une femme exténuée detravail et de veilles, à de pauvres enfants privés de pain ?Il faut que nous citions une lettre qu’écrivait à M. Pas-quier, en septembre 1834, un malheureux ouvrier nomméDurdan. Elle est digne assurément d’avoir une place dansl’histoire-, car c’est un chef-d’œuvre d’éloquence vraie etd’indignation contenue :

« Monsieur le baron, depuis six semaines, je vous ai e'crit deux« lettres auxquelles vous n’avez pas répondu.... 11 y a cinq mois