CHAPITRE VIH.
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« que je suis en prison, comme prévenu de complot ; je n'ai pas« besoin de vous dire qu’il n’y a pas de charge contre moi : vous« le savez bien. Avant mon arrestation, ma femme et mes enfants« vivaient de mon travail. Depuis que je suis en prison, ils« manquent de tout. Ils sont tombe's rapidement dans la misère« la plus profonde, parce que mes économies sont bien peu de« chose, parce que la femme d’un ouvrier, qui a trois enfants à« soigner, ne peut pas gagner même du pain. Mais tout cela ne« regarde pas la Cour des pairs et la touche peu. Je le savais bien« et j’attendais sans me plaindre. Il y a six semaines, deux de mesa enfants furent attaqués de la petite vérole. Ma femme, épuisée« par les privations et les fatigues, fut bientôt hors d’état de les« soigner, et tomba malade auprès d’eux. Plongés dans le dénue-« ment le plus affreux, ils n’avaient pas un seul appui. Je vous« écrivis alors. Je vous demandai à sortir une demi-journée pour« leur assurer quelques ressources, pour leur trouver au moins« un protecteur parmi mes amis, vous ne me répondîtes même« pas. Que pouvaient vous faire à vous, monsieur le baron, len désespoir d’un ouvrier, la misère et la ruine de sa famille ? Est-n ce que ces gens-là doivent avoir des affections, des familles ?« Le 27 juillet, mon fils mourut; et la malheureuse mère, sansn secours, sans conseils, ignorant les formalités à remplir, fut trois« jours sans pouvoir le faire enterrer. Je restai une semaine sans« recevoir de nouvelles, et ma position devint intolérable quand« je sus que les menus objets du ménage avaient été vendus à« mesure des besoins. Je vous écrivis de nouveau. Je vous deman-« dais encore à sortir pour vendre mon métier, ma commode etn mon lit : c’est tout ce qui me reste pour empêcher ma femme et« mes filles de mourir de faim. A cette seconde lettre vous n’avez« pas répondu plus qu’à la première. En voici une troisième. Je« l’ai faite aussi modérée que possible. Vous devez vous apercevoir« que j e n’ai pas dit tout ce que j’ai sur le cœur. Je ne voudrais« pas vous indisposer contre moi, monsieur le baron, surtout aun moment où je vous demande une faveur. Je vous demande àn sortir quelques heures, non pas sur parole, vous ne croyez* pas à ces choses-là, mais escorté par des gendarmes, pour« assurer un toit et du pain à ce qui reste de ma famille. Je ne