Band 
Tome quatrième.
Seite
337
JPEG-Download
 

CHAPITRE VIII.

337

entendait tirer vengeance, Armand Carrel rappela quedéjà en février 1830, un de ses anciens collaborateurs,M. Mignet , n'avait pas craint de dire de la pairie qu’elleétait « la retraite des députés émérites, le prix de toutes« les complaisances , l'hôpital de tous les blessés au Pou-« voir. » Il citait ensuite ces paroles par lesquelles unautre de ses anciens collaborateurs au National, M. Thiers ,avait flétri la Chambre des pairs en 1830 : « MM. les pairs« n’ont évidemment d’autre soin que d'observer la fortune,« pour voir de quel côté elle se décidera à passer.... Il« faut de la vigueur avec tous ces poltrons. » Suivantl’orateur, la violence de ces attaques, émanées de M. Mi-gnet, maintenant conseiller d’État, et de M. Thiers , main-tenant ministre, n’avait jamais été, depuis, dépassée.« Pour nous, ajouta-t-il, nous n’avons pas cherché les« occasions de renouveler ces hostilités qu’on nous re-« proche aujourd’hui comme systématiques. Ces occa-« sions, on nous les a données à souhait, en s’obstinant à« maintenir les hypocrites douleurs du 21 janvier, à rejeter« les droits des militaires des Cent-Jours, à repousser la« loi du divorce, deux fois inutilement votée par la« Chambre élective, et, ce qui a paru le comble du mau-« vais vouloir, en opposant une inébranlable fin de non« recevoir à la révision du procès du maréchal Ney. » Ace nom, une légère agitation se manifeste dans l’assem-blée. Le public des tribunes redouble d’attention. Chacunreste comme en suspens. « Ici je m’arrête, continue« Armand Carrel , par respect pour une glorieuse et la-ce mentable mémoire. Je n’ai pas mission de dire s’il était« plus facile de légaliser la sentence de mort que la révi-« sion d'une procédure inique. Les temps ont prononcé.

iv.

22