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Tome quatrième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Mais ce qui compromettait le plus l’existence du minis-tère, c’était la haine que lui avait jurée le Château. On ytrouvait impertinente à l’excès la prétention de gouverneraffichée par MM. Thiers et Guizot . Il fallait donc que leroi se résignât à un rôle d'automate ; qu’il consentît àparader pour le compte de quelques meneurs ! Il fallaitque, laissant revivre la tradition des rois fainéants, ilcouvât, pour ainsi dire, sous sa majesté endormie, l’am-bition des modernes maires du palais! Leroi, dans sesministres, devait avoir des serviteurs, non des maîtres.Si, au lieu d’appartenir à la royauté, les ministres ap-partenaient à la majorité parlementaire, à quoi bon laroyauté? La souveraineté passait alors dans la Chambre.C’était la république, plus un mensonge et une liste civilede douze millions !

Une brochure de M. Rœderer, publiée sur ces entre-faites, vint mettre à nu les pensées de la Cour. SelonM. Rœderer, un ministère parlementaire était une hérésie ;le roi, aux termes de la Charte, ayant le droit de choisirses ministres, sa volonté devait être la leur : le roi étaitle président-né du Conseil, son seul président effectif etlégitime.

La brochure de M. Rœderer avait été lue au Château,chez madame Adélaïde, au milieu des plus vifs témoi-gnages d’enthousiasme. Elle ne reçut pas le même accueildu public. Les républicains, se faisant juges du camp, sepréparèrent, le sourire sur les lèvres, à assister à un com-bat qui révélait si clairement l’absurdité du régime cons-titutionnel ; les partisans de la fameuse maxime le roirègne et ne gouverne pas se répandirenten plaintes amères.M. Fonfrède, que le roi n’avait pas encore gagné en lui