CHAPITRE IX.
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accordant l’honneur de correspondre directement avec lui,M. Fonfrède attaqua la brochure Rœderer avec une verdeurde style peu commune; la Chambre, enfin, s’émut profon-dément de l’atteinte dont on osait menacer sa prérogative.
Aux avant-postes du parti parlementaire marchaitM. Duvergier dellauranne, homme remarquable par unegrande netteté d'idées, un penchant marqué pour la lutte,une éloquence substantielle, et une finesse d’esprit qu’en-noblissait l’élévation de son cœur. Né dans une famillequi avait donné l’abbé de Saint-Cyran au jansénisme,M. Duvergier de Ilauranne avait des qualités qui rappe-laient parfaitement son origine. Ennemi des gens de Cour,l’indépendance des vieux parlements à l’égard de la Cou-ronne, et leur dédain à l’égard du peuple, revivaient enlui également. Du reste, il s’obstinait plus que personnedans des illusions vraiment étranges. Il aurait désiré quela France constitutionnelle se posât devant l’étranger dansuue attitude fière, dans une attitude courageuse sansprovocation, prudente sans faiblesse ; et il ne s’aperce-vait pas qu’un gouvernement ne saurait faire acte depuissance à l’extérieur, lorsque, partagé au-dedans entredeux forces rivales, il en est réduit à s’user rien que pourvivre, victime d’une oscillation sans fin ! Il aurait désiré,précisément pour obvier aux inconvénients de ce dua-lisme, source intarissable d’anarchie, que la majoritédes Chambres gouvernât par le moyen des ministres, àl’ombre d’une royauté au repos; et il ne s’apercevait pasque demander à un roi de prendre sa majesté au rabais,c’est lui demander l'impossible.
Entre le parti parlementaire et le parti de la Cour, ledébat était celui-ci :