CHAPITRE X.
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plairait (le lui confier les intérêts de leur liberté ou deleur vie.
La défiance est le caractère distinctif des partis en lutte,et ils supposent volontiers le mal. Bien que l’opinion deM. Jules Favre se put expliquer par des motifs très-hono-rables, les plus ardents la condamnèrent comme puiséeaux sources de l'égoïsme et de l'amour-propre. Membredu barreau de Lyon, où il s'était fait remarquer, jeune en-core, par une intelligence d'élite et un talent d’élocutionincomparable, M. Jules Favre fut accusé de n’ètre venuchercher à Paris qu'un théâtre plus digne de ses facultésbrillantes, et Armand Carrel, qu'il avait eu d'abord pourallié, s’emporta jusqu’à lui adresser ces amères paroles :« Eh bien! Monsieur, puisque vous persistez, nous ferons« de tout ceci une simple affaire correctionnelle. »
Il ne restait plus qu'à envoyer des commissaires auxaccusés de Lyon pour leur apprendre le résultat de la dé-libération des défenseurs. L'assemblée nomma M. JulesFavre et deux de ses adversaires, MM. Michel (de Bourges)et Dupont. On ne pouvait lui opposer de plus rudes jou-teurs.
Doué d'une éloquence sauvage, qui se mariait en lui àune grande pénétration, M. Michel (de Bourges) possédaittout d'un tribun : l'accent, le geste, le regard, les in-spirations soudaines, les apostrophes véhémentes et im-prévues.
Quant à M. Dupont, sa voix avait sur les républicainsune irrésistible autorité; et sur ceux du parti contraire,elle était souvent d'un effet terrible. Partisan de toutes lesmesures qui demandaient beaucoup de générosité et decourage, nul mieux que lui ne savait les faire triompher