CHAPITRE X.
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les Parisiens , et à la Conciergerie les Lyonnais rebelles,ne retenant dans la prison du Luxembourg que les pré-venus qu'il espérait gagner. Pour ces derniers, le régimede la prison fut adouci autant que possible; pour eux levisage des geôliers devint moins farouche, et une nourri-ture plus saine leur fut mesurée d’une main plus libérale.Et en môme temps, on traitait les malheureux hôtes deSainte-Pélagie, de la Conciergerie et de l’Abbaye, avecune rigueur calculée. Quiconque laissait percer de l’indé-cision ou de la fatigue devenait sur-le-champ, de la partdes agents du Pouvoir, l'objet d’égards empressés et dedélicates prévenances. On mit en jeu tour à tour les exci-tations de la misère, de la vanité, de la douleur. L’abbéiNoir, accusé Lyonnais, ayant perdu sa mère, on vint letrouver au milieu de ses larmes, pour arracher à sonallliction un consentement qu’il avait toujours refusé, etque, même alors, on ne put obtenir de lui. Des prison-niers sur qui le Pouvoir comptait, quelques-uns, quoi-qu’en très-petit nombre, appartenaient à la lie de lasociété, ne se piquaient en aucune sorte d’être républi-cains, avaient beaucoup moins de vertus que de vices, etne s’étaient jetés sur la place publique que par esprit dedésordre. Ceux-là, pourtant, le Pouvoir les glorifia ; etles meilleurs, il les appelait des misérables!
De leur côté, les républicains n'épargnaient rien pourencourager à la constance ceux des prisonniers qui, n'é-tant pas hommes de parti, menaçaient de faiblir. Dans desarticles qu’on eût dit burinés avec la pointe d’une épée,Armand Carrel célébrait le courage des accusés et leur dé-voûment ; on exposait leurs portraits dans les rues ; ondistribuait leur biographie; des lettres de félicitations et