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HISTOIRE DE DIX ANS.
de sympathie étaient, pour eux, adressées de toutes partsaux feuilles radicales ; on consacra d'avance aux pluspauvres d’entre eux le produit d’une souscription de20,000 francs, ouverte d’enthousiasme; et, pour qu’il res-tât bien démontré , aux yeux de la France , que les sou-tiens ne manqueraient pas aux prévenus, les plus zélésd’entre les défenseurs résolurent de se lier à leur sort parun acte éclatant de fraternité. Ils se réunirent donc, unjour, au nombre de vingt-cinq ou trente, dans la rue desMaçons-Sorbonne; et là on fit lecture d'une lettre qu'ils’agissait d’adresser publiquement aux accusés, et dontle rédacteur était M. Michel (de Bourges). La lettre estapprouvée, les assistants y apposent leurs signatures,quelques-uns signent pour des amis absents dont ils nedoutent pas plus que d’eux-mèmes, et l’on décide la pu-blication immédiate. M. Trélat, président de l’assemblée,n'était pas d’avis d’une précipitation qui imposait à tantde graves personnages le joug d’une solidarité sur laquelleils n’avaient pas été appelés à se prononcer. Mais la déci-sion prise était impérieuse : M. Trélat envoya la lettre auxjournaux républicains, et, le lendemain, elle parut dansla Tribune et le Réformateur , avec les noms des défen-seurs 1 . il y était dit 2 : « Persévérez, citoyens; montrez-« vous, comme par le passé, calmes, fiers, énergiques ;« vous êtes les défenseurs du droit commun ; ce que vous« voulez, la France le veut ; toutes les opinions géné-« reuses le veulent ; la France ne verra jamais des juges« où il n’y a pas de défenseurs. Sans doute, au point où« les choses en sont venues, la Cour des pairs continuera
1 Voir aux documents historiques, n° 15.
2 La Tribune portait 91 signatures, et le Réformateur 109.