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HISTOIRE DF. DIX ANS.
M. d’Argout prend alors la parole : « La question est épi-« neuse, dit-il, et ce n’est pas trop de la nuit pour y ré-« fléchir. » Là-dessus on ajourne le vote et on se sépare.
Au bas de la lettre on lisait les noms de MM. de Corme-nin et Audry de Puyraveau , députés l . C’était une com-plication de plus. Car, en forçant deux députés à com-paraître à sa barre, la pairie courait risque d’offenser laChambre élective et d’éprouver un refus qui aurait donnénaissance à un déplorable conflit. Eh bien, cela mêmeprécipita la décision. Les meneurs du procès pensèrentque MM. de Cormenin et Audry de Puyraveau appartenantà la minorité de la Chambre élective, la majorité n’hési-terait pas, ou à leur imposer l'humiliation d’un désaveu,ou à les sacrifier; que dans le sein de cette majorité, as-servie aux ministres, la haine de la république l’emporte-rait sur l'esprit de corps; qu’en un mot, la Chambre desdéputés ne refuserait pas de livrer deux de ses membresaux rancunes d’une assemblée rivale, ce qui constateraitl’union des trois Pouvoirs, donnerait à la pairie, au milieud’une telle tempête, la force morale dont elle avait besoin,et contribuerait à ranimer son courage expirant. 11 futdonc convenu :
1° Que la pairie manderait à sa barre les gérants de laTribune et du Réformateur , et les signataires de la lettre,y compris MM. de Cormenin et Audry de Puyraveau ; 2°que la résolution serait transmise par un message à laChambre des députés, afin d’autorisation de poursuite. Ettels furent, en effet, les résultats du vote émis par les pairsréunis en comité secret, le 13 mai (1835.)
1 Le nom de M. Garnier-Pagès , par un hasard singulier, étant tombé enpâte à l’imprimerie, ne figurait pas au bas de la lettre publiée.