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Tome quatrième.
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CHAPITRE X.

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« vieillis dans l’expérience des affaires et éprouvés par« dix révolutions ; de savants, de littérateurs que d’im-« mortels ouvrages avaient appelés aux premières digni-« tés; de magistrats, d'hommes de cœur porteurs de« noms illustres, et dont les excellentes qualités sociales« ne pouvaient soulever un doute. Je parcourais avec« bonheur les résultats de mon recensement, lorsque sous« ma fenêtre une horrible explosion d’armes à feu m’en-« seigna bien cruellement que la justice politique est un« vain mot, lors même qu’elle est exercée par les hommes« les plus honorables.

« Des cris infâmes, des vociférations infernales, m’ap-« prirent que des hommes habitués à toutes les exigences« de la civilisation moderne deviennent de véritables can-« nibales sous l’empire de l’esprit de parti.

« Le général qu’on venait, d'immoler était le pacifica-« teurde la Suisse , le conquérant du Tyrol, c’était le hé-« ros d’Elchingen , de Friedland, de la Moscowa ; celui« que la grande armée avait salué du titre de brave des« braves. Et cependant son corps fut abandonné au mi-« lieu des ordures, parmi lesquelles il était tombé comme« le cadavre d’un animal immonde ! Ces événements se« sont passés sous mes yeux, Messieurs; ne vous étonnez« pas qu’ils aient laissé dans mon esprit une empreinte« ineffaçable !

« Anathème, anathème éternel aux corps politiques« jugeant les délits politiques ! »

En prononçant ces paroles, M. Arago était frémissant :toute son âme paraissait dans l’altération de sa figure, simajestueuse, si expressive, et son œil lançaitdes flammes.La séance fut un moment suspendue. L’assemblée ne vi-