CHAPITRE \.
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élégant. M. Gervais (de Caen ) se plut à engager avecM. Pasquier, sur la question des formes violées, une luttedans laquelle M. Pasquier ne tarda pas à succomber. Trou-blé par les répliques fermes et précises d'un adversaire qui,connaissant mieux que lui les lois et les formalités, sejouait impitoyablement de son embarras, M. Pasquierperdit contenance et ne put que balbutier. Humiliationdont il n'avait que trop encouru le châtiment !
Mais un moment redoutable approchait pour la pairie :A1. Trélat allait prendre la parole. M. Trélat possédait auplus haut degré ce courage tranquille et ce calme inexo-rable qui conviennent à la défense du droit. Depuis long-temps il avait fait dans son cœur le sacrifice de sa liberté,le sacrifice de sa vie. II se sentait la supériorité qu'onpuise dans le mépris de la mort; et ceux qui se disaientses juges, il venait, lui, les condamner :
« Il fallait, dit-il, il fallait, Messieurs, que nous nous« vissions en face, et nous y sommes.
« Messieurs, nos inimitiésnedatent pas d'hier. En 1814,« je maudis avec beaucoup d'autres le pouvoir qui vous« appelait, vous ou vos prédécesseurs, à son aide pour en-« chaîner la liberté. En 1815, je pris les armes pour« m’opposer au retour de votre gracieux maître. En 1830,« j’ai fait mon devoir comme beaucoup d’autres heureuse-« ment ; et huit jours après la révolution, je reprenais« encore mon fusil, moi qui n’ai pas l'habitude de prendre« un instrument de guerre, et je me rendais au poste que« le général I.afayette nous avait assigné, sincèrement ou« non, pour marcher contre vous personnellement, mes-« sieurs les pairs.
« C'est en présence de mes amis et de moi que fut reçu