Band 
Tome quatrième.
Seite
410
JPEG-Download
 

410

HISÏ01KE 1)E MX ANS.

« l’un de vous, quand il apporta la révocation des or-« donnanees à l'Ilôtel-de-Ville 5 et peut-être eûmes-nous«< quelque influence sur le peu de succès de son ambas-« sade. Il comparaissait alors devant nous, il pleurait;« c’est nous aujourd'hui qui comparaissons devant vous,« mais sans pleurer, sans fléchir le genou. Nous avions« vaincu vos rois, et il ne vous restait rien. A'ous, vousk n’avez pas vaincu le peuple ; et, que vous nous consi-« dériez ou non comme ses otages, notre situation per-« sonnelle nous occupe fort peu, soyez-en sûrs.

« Qui donc se refuserait à voir dans ce qui se passe les« éclatantes prédictions de ce qui se prépare? Une aveugle« fureur égare tous les pouvoirs. Il n’y a plus de législa-« teurs, il n’y a plus de juges, mais partout des ennemis« qui se vengent. Après la révolution la plus magnanime,« et quand les mœurs deviennent plus douces d'heure en« heure, on n’hésite pas à demander 163 tètes. Et qu'on« ne s’y trompe pas : vainement essaierait-on de tou-« chantes homélies après cette réquisition sanguinaire.« Personne n’a oublié que l’échafaud a été dressé depuis« 1830 pour les condamnés Lepage et Cuny, et que c'est« le peuple qui l’a renversé.

« Il y a cinq ans, M. Persil réclamait la tête du noble« prince de Polignac, pour le compte delà révolution.« Aujourd'hui l’un de ses subdélégués demande les tètesu de ceux dont il devait écrire l’histoire par décision du« gouvernement révolutionnaire de 1830.

« Il y a ici tel juge qui a consacré dix ans de sa vie à« développer les sentiments républicains dans l’âme des•« jeunes gens. Je l’ai vu, moi. brandir un couteau en