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CHAPITRE X. 4 I 3
il se défendit, ce que M. Trélat n’avait pas daigné faire,et les attaques qu'il dirigea contre la pairie ne furent pastout-à-faitexemptes de ménagements. Tout en maintenantla pensée de la lettre, il parut disposé à faire bon marchédes formes, et il reconnut qu’à en juger par ce qu’il voyaitdepuis trois jours, les pairs valaient mieux que leur insti-tution. Du reste, et pour ce qui concernait le fond mêmedu procès, il fut inflexible. « Vous ne pouvez juger, dit-« il, les accusés sans les entendre; et si vous les jugiez en« leur absence, écoutez ce qui se passerait. Avant qu’il« fût dix ans, le jardin du Luxembourg serait agrandi de« tout l’espace occupé par votre palais, et sur les ruines« de votre salle de justice, le peuple planterait un poteau« où se liraient ces paroles : L’infamie du juge fait la« gloire de l’accusé. » En terminant, il ajouta . « Si l’a« mende m'atteint, je mettrai ma fortune à la disposition« du fisc, heureux de consacrer encore à la défense des« accusés ce que j'ai pu gagner dans l’exercice de ma pro-« fession. Quant à la prison, je me rappelle le mot de« cet autre républicain qui sut mourir à Utique : « J'aime<i mieux être en prison que de siéger ici à côté de toi,« César. »
Après la plaidoirie de M. Michel (de Bourges), laChambre des pairs se forma en comité secret, et, se dé-clarant offensée, elle condamna M. Trélat à trois ansd’emprisonnement et à 10,000 fr. d'amende; MM. Michel(de Bourges), Bichat, gérant de la Tribune , et Jaffrenou,gérant du Réformateur , à un mois d'emprisonnement età 10,000 fr. d’amende; M. Revnaud à un mois d’empri-sonnement et à 500 fr. d’amende; enfin, MM. Gervais(de Caen), Jules Bernard, David de Thiais , Audry de