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HISTOIRE DE DIX ANS.
Puyraveau, à un mois d’emprisonnement et à 200 francsd'amende. En éludant la solidarité delà lettre, le congrèsdes défenseurs avait réduit aux proportions d’un incidentterminé par un arrêt, une lutte qu’on pouvait rendre for-midable, il s’était rapetissé à plaisir; il s’était manqué àlui-même.
Aussi la pairie rentra-t-elle dans le procès principalavec une résolution qu’elle ne s’était point connue jus-qu'alors. On profita de la présence de ceux des accuséslyonnais qui acceptaient les débats, et les témoins furententendus. Mais quelle source nouvelle d’émotions! L’unaccusait le gouvernement d’avoir sciemment appelé surLyon la guerre civile; un autre montrait la police excitantde son souffle impur les passions incandescentes, et créantdes coupables pour avoir des victimes; un troisième re-présentait l’insurrection promenant pendant plusieursjours ses ravages dans une cité où elle devait être étoufféeen quelques heures... Et tous de se demander pourquoi ilavait fallu opposer à une poignée d’hommes mal armés,et à leurs mobiles remparts, des bataillons nombreux, descanons, des obus, la mitraillade, l’incendie! Les provo-cations des Mercet, des Picot, des Corteys, et leurs lâchesartifices, furent dénoncés avec une rare vigueur parM. Carrier, qui, après avoir refusé les débats, s’était in-sensiblement laissé aller à la tentation de dévoiler les traî-tres. Un père vint raconter, avec des accents qui firentcourir dans l'assemblée un frisson d’horreur, commentson fils avait été percé de soixante-douze coups de baïon-nettes et attaqué jusque dans la mort. Les flots de sanginnocent versés dans le faubourg de Vaise eurent aussileur place dans l’affreux tableau. Et autant les témoi-